Nous ne voyons pas tou.te.s le monde de la même manière…

Dans le Vif, Alexia Bertand, cheffe du groupe MR au parlement bruxellois, a publié une carte blanche. J’y lis une défense, sous couvert d’un « réinventons-nous », de la relation actuelle capital-travail et de l’orthodoxie budgétaire.

En la lisant, le monde qu’elle décrit me fait presque envie. Mais voyons-nous le même Capitalisme ? Evidement que l’entrepreneur.euse qui monte une petite PME et qui traite avec dignité ses travailleuse.eur.s est à soutenir. Mais est-ce qu’elle voit, comme moi, que le capitalisme qui structure aujourd’hui le monde est celui qui exploite les couturières au Bangladesh ; celui qui délocalise une entreprise rentable pour améliorer la profitabilité des actionnaires ; Celui qui vide les réserves d’une entreprise pour payer des dividendes ; celui qui joue sur le marché mondial des céréales et appauvrit les paysan.ne.s ; celui qui brûle les forêts pour inonder le marché de l’huile de palme ; celui qui tue les éleveurs locaux africains en leur envoyant nos poulets et notre lait en poudre ?

Oui, cette crise montre toute l’utilité du « travail ». Et que propose-t-elle pour le remercier ? : plus de flexibilité, une formation aux métiers en pénurie, et un service volontaire plus ou moins obligatoire. Moi ce que je souhaite c’est lui redonner sa dignité, en le rétribuant à la hauteur de son utilité et en lui donnant autant de poids que le capital dans les décisions.

Madame Bertrand, de quel sérieux budgétaire parlez-vous dans cette carte blanche ? Celui qui a massivement désinvesti dans nos services publics ? C’est bien de louer aujourd’hui les travailleur.euse.s de premières lignes : « les soignants, le personnel des supermarchés, les agents de Bruxelles-propreté et tant d’autres » pour vous citer. Vous souvenez-vous aussi que ce sont les professions parmi les plus mal payées de notre société ?

J’aurais tant de choses à écrire encore, mais je me limiterai à une dernière et pourtant fondamentale. N’oubliez pas qu’une autre crise nous attend : celle due aux dérèglements climatiques. La cheffe de groupe du MR semble complètement occulter cela. Pourtant si nous ne préparons pas nos sociétés à cette crise, les conséquences seront encore bien plus douloureuses que celles, déjà énormes, provoquées par le COVID.

Nous sommes à l’heure de choix. Je ne cherche pas des boucs émissaires, je cherche à mobiliser toute notre énergie pour offrir aux générations futures une planète habitable où elles et ils pourront jouir d’une liberté réelle.